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Eh bien oui, l’Antiscolastique fait revue mensuelle, désormais. Autant exploiter autant que l’on peut les ressources qu’offre Internet. Etant donné nos maigres ressources d’infrastructure, mais aussi de temps de cerveau disponible, on se contentera d’un édito chaque mois, ce qui n’est déjà pas si mal. Edito, ou bloc-note, ce genre de trucs. Chacun des participants du site aura la parole chaque mois, pour ceux qui le souhaitent. Le principe consiste simplement à croiser autant que possible l’actualité philosophique et l’actualité du monde. Bien entendu, on objectera tout de suite : la philosophie peut-elle être dans l'actualité ? Les classiques ne sont-ils pas la seule actualité de la philosophie ? Platon et Descartes ne sont-ils pas nos contemporains ? Ne faut-il pas nécessairement qu’ils le soient au moins en ce sens où ils peuvent nous dire encore quelque chose de notre temps ? Ne faut-il donc pas au contraire, dans la vitesse de communication des techniques, être plus que jamais inactuel, Unzeitgemäss ? Et n’est-ce pas précisément la vocation de l’Antiscolastique ? Car dans le partage entre philosophie universitaire et philosophie spectaculaire, ou médiatique, les rôles sont bien distribués, et clairement définis : la philosophie universitaire s’occupe sérieusement des auteurs sérieux, c’est-à-dire des auteurs morts. La philosophie spectaculaire s’occupe superficiellement de philosophie d'une façon très particulière, idéologiquement orientée et ludique en même temps. L’Antiscolastique, dans tout ça, est évidemment coincé entre le marteau et l’enclume, pris dans l’étau de fer de deux instances d’autorité implacables. Mais c’est notre fierté que de mener ce combat, et de faire coïncider autant que possible l’existence avec l’Idée, la vie avec la pensée. Dès lors, il n’est pas absurde, ni vain ni inutile, en marge de notre travail individuel et respectif, d’aborder sur les marges quelques thèmes d’actualité, signifiant par là que philosopher, c’est être présent à son époque.
Un qui fut présent à son époque, par exemple, c’est Platon. Je l’ai pas mal relu cet été, et ce qui me frappe, c’est le côté extrêmement concret de sa philosophie, en pleine prise avec les problèmes de son temps. Je me demande ce que Platon aurait pensé du cataclysme que l’on nous annonce : la grippe H1N1. Tremblez, mortels ! N’allons-nous pas connaître le sort de Hegel, mort du choléra ? Il faudrait qu’un Socrate ressuscite, depuis le V°siècle avant J-C, et interroge tous ces journalistes inquiets pour notre santé, en rapport direct, sans doute, avec le ministère de la même santé. Socrate revient d’entre les morts, surgit de l’Hadès, et interroge Jean-Pierre Dupont, célèbre journaliste.

Socrate : Dis-moi, Jean-Pierre, peut-on mourir de la grippe, d'une grippe banale ?
Jean-Pierre : Bien sûr, Socrate, si on ne se soigne pas.
Socrate : Et si on se soigne, tout s’arrange. N’est-ce pas ?
Jean-Pierre : Très juste.
Socrate : Mais alors, rien ne distingue de ce point de vue la grippe H1N1 de n’importe quelle autre grippe ?
Jean-Pierre : En effet.
Socrate : Maintenant, Jean-Pierre, si l’on créé un vaccin, c’est pour se prémunir contre une grave maladie, n’est-ce pas ?
Jean-Pierre : Oui, Socrate.
Socrate : Mais, dis-moi encore, on (« on », toi et tout le Dispositif spectaculaire) nous explique en même temps que c’est une grippe tout à fait bénigne.
Jean-Pierre : Tout à fait juste, Socrate. Mais on a déjà plusieurs morts en France. Ce n’est pas rien !
Socrate : En effet. Je me suis laissé dire cependant que ces personnes étaient déjà gravement malades, atteintes d’autres pathologies.
Jean-Pierre : Rien de plus vrai. Mais au nom du principe de précaution, mieux vaut préparer un vaccin.
Socrate : Tu es sage, Jean-Pierre. Mais, attends une seconde, dans quel cas cette maladie, bénigne au demeurant, c’est bien ce que tu viens de me dire, hein ?, peut-elle être mortelle, outre le fait qu’elle peut atteindre mortellement des personnes qui sont déjà gravement malades, et sachant qu’une très grande majorité de la population, dans ce pays comme ailleurs, n’est tout de même pas atteinte d’une lourde pathologie ?
Jean-Pierre : Dans les cas où le virus peut évoluer, et il peut évoluer à tout moment.
Socrate : C’est-à-dire dans le cas où la formule ne sera plus H1N1, mais autre chose ?
Jean-Pierre : C’est cela même.
Socrate : Mais tu nous as bien expliqué, pourtant, hier à la télévision, que le vaccin était contre le virus H1N1 ?
Jean-Pierre : Oui.
Socrate : Si le virus évolue, le vaccin sera-t-il encore efficace ?
Jean-Pierre : Euh…non.
Socrate : Alors, si je comprends bien, cher Jean-Pierre, tu nous expliques que le vaccin est fait pour une maladie tout à fait bénigne, qui n’est pas du tout mortelle, sauf au cas où le virus évoluerait, et dans ce cas, le vaccin sera tout à fait inefficace, c’est bien ce que tu es en train de nous expliquer ?
Jean-Pierre : Euh…oui.
Socrate : Eh bien, tu vois, Jean-Pierre, puisque tes collègues et les archontes qui dirigent ce pays tiennent tant à faire de la "pédagogie" auprès des masses, à ce peuple toujours dans l’âge de la minorité, toujours plus infantilisé de jour en jour, ce peuple mondial d’enfants « à qui il suffit de dire il faut », pour citer notre cher aède mélancolique Guy Debord, il faudrait que vous y mettiez vous-même un minimum de cohérence.
Jean-Pierre : Ah, quel impie tu fais, Socrate, de croire si peu ce que te disent les dieux du Spectacle ! Je comprends mieux maintenant pourquoi ils t’ont condamné à mort.
Nous voilà donc dans l'aporie socratique. Mais face à un tel matraquage médiatique, au moment même où l'Etat néolibéral du clan sarkozyste s'apprête à fermer des hôpitaux et transformer ceux qui restent à boîte à fric, on a toutes les raisons d'être soupçonneux. Slogan pour la rentrée : "Grippe A ? Va voir à l’industrie pharmaceutique si j’y suis".
Slogan d'autant plus utile que le vaccin a l'air bien plus inquiétant que la petite grippette H1N1. Voir ici.
Comme je l'ai écrit dans un ouvrage collectif ("D'une supposée révolution libérale", ici), il se pourrait tout à fait que dans le contexte néolibéral actuel de la mondialisation, le seul devenir laissé à l'Etat-providence soit celui du Biopouvoir, à savoir un contrôle direct des corps par l'Etat concernant la question du vivant, du biologique et de la génétique. Tout cela au nom du principe de précaution, bien entendu. Ce qui vient de se passer récemment aux Etats-Unis semble d'ailleurs me donner, hélas, raison : que l'on ait pu traiter Barack Obama de nazi, qu'on l'ait accusé de vouloir euthanasier les handicapés mentaux, et autres stupidités énormes ("communiste", "socialiste", injures suprêmes. Un nazi, ça doit se trouver facilement dans les Etats du Sud, mais un communiste ?), parce qu'il souhaite instaurer un système de protection sociale minimum, ne fait qu'avouer le fantasme de ce que peut être un Etat-Providence entre les mains de quelques néolibéraux, et par là, avoue leur fantasme.
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Sans transition, voici ce qu’écrit Bernard Stiegler dans son dernier livre, Pour une nouvelle critique de l’économie politique (Galilée, 2009) :
« La mafia tend à remplacer la bourgeoisie et le capitalisme devient essentiellement mafieux à partir du moment où le désenchantement du monde est accompli. […] Dans le désenchantement absolu, la puissance des puissants se joue sans consistance, sans rapport à quelque otium que ce soit, sans la moindre croyance, et donc comme le cynisme absolu : sans foi ni loi.
C’est à l’époque de ce capitalisme mafieux, c’est-à-dire sans bourgeoisie, que l’on voit se développer le mensonge d’Etat systématique, la politique pulsionnelle et le consumérisme addictif induits par le populisme industriel. Si le fascisme est une maladie du capitalisme bourgeois, survenant comme le signe avant-coureur du désenchantement absolu, le devenir mafieux du capitalisme n’est pas un accident plus ou moins épiphénoménal : c’est le fonctionnement normal et ordinaire de ce capitalisme-là. A cet égard, le sarkozysme n’est malheureusement pas, si l’on peut dire ainsi – avec cet adverbe -, une résurgence du pétainisme : c’est beaucoup plus grave, plus complexe et difficile à penser que cette vieille rengaine » (p.88-89).

Analyse très lucide de Stiegler, qui est par ailleurs, selon moi, un des philosophes les plus importants d’aujourd’hui. Mais les "masses" sont-elles si crétinisées que cela ? Stiegler est très nietzschéen, tout mouvement collectif populaire semble être pour lui un phénomène grégaire. On ne peut que le déplorer. Ce que ne voit pas Stiegler, en réalité, et que ne voit encore personne, c’est que le prolétariat est devenu aujourd’hui la classe cultivée. Je connais beaucoup de RMIstes, ou d’intérimaires (d’ailleurs bac+4 ou bac+5), qui sont passionnés de philosophie, de sciences et de littérature. Je ne suis pas sûr du tout que ce soit le cas des jeunes traders abonnés aux Echos, au Financial times, et au journal de Mickey. Si la bourgeoisie disparait, cela ne signifie pas que la culture disparaisse avec elle, comme le croit Stiegler. Comme le dit Nietzsche lui-même : « Si l'on veut des esclaves, il faut être fou pour leur donner une éducation de maîtres » (Crépuscule des idoles, "Divagations d'un "inactuel""p.86, folio). Métaphore ? Nullement : Nietzsche écrit cela à propos de ce qui s'appelait alors "la question ouvrière" (et pour déplorer d'ailleurs que ce soit une question), de son éducation civique, et donc aussi de son apprentissage de la lecture dans les écoles. Méditons en tout cas ce que signifie le fait que si un système a besoin d'esclaves (travailler plus !), il a intérêt à ce que ceux-ci n'aient pas une éducation de maître. Si les gens se mettent à penser et réfléchir, où va-t-on ?
Le prolétariat n'est pas, ou plus, la question ouvrière (en Europe tout au moins). Mais il est important de comprendre que si la classe ouvrière a décliné en Europe, le prolétariat, lui, compose encore largement et massivement une très grande partie de la population. On doit ici distinguer prolétariat et classe ouvrière. La classe ouvrière n'est qu'un sous-ensemble du prolétariat, qui, du temps du communisme historique, valait comme "Tout" du prolétariat.
Par ailleurs, comprenons bien que ce que j'entends par "prolétariat" n'est pas un sujet de l'Histoire, ce genre de fable n'enchante plus guère, mais une réalité sociétale, dont les appareils médiatiques d'Etat organisent le plus grand déni qu'il y ait jamais eu. En ce sens, on peut se demander si Stiegler, en se concentrant sur la question de la consommation, et en faisant l'impasse totale sur la question de la production et du travail, ne risque pas de faire surtout la critique des appareils médiatiques que ceux-ci aiment tant. Nonobstant son système post-husserlien impressionnant et admirable.
Quant à la civilisation, ce n’est sûrement pas le capitalisme. La capitalisme n'est pas le "Tout" de la civilisation. Le capitalisme, au contraire, est bien la ruine de la civilisation. L’otium (thème essentiel dans l'oeuvre de Stiegler, et question fondamentale, en effet, pour une politique d'émancipation) est condition de la civilisation. Mais cela ne peut certainement pas se baser, comme au temps des Grecs et des Romains, sur l’esclavage (le temps libre des uns est l’esclavage salarié des autres). Voilà pourquoi, à mon sens, il faut chercher bien plutôt du côté du judéo-christianisme les réponses à cette question fondamentale. Et d’abord, de ce que l’on appelle l’étude, dans le judaïsme. Le modèle de l'otium, du temps libre, est à chercher là, et certainement pas dans l'antiquité païenne.
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Beaucoup de défenseurs inconditionnels de la politique d’Israël aiment dire que les Palestiniens s’identifient aux Juifs. Est-ce vrai ? Ce qu’il y a de sûr, c’est que beaucoup de Juifs ultra-orthodoxes s’identifient aux Palestiniens, et le revendiquent. Ce mois de juillet 2009, ils ont même déclenché une véritable intifada à Jérusalem contre les autorités de la ville, suite à un fait divers malheureux. Une solution serait alors envisagée par ces autorités civiles, si l’on en croit le Journal, pour résoudre le problème : arrêter de subventionner les études des jeunes haredim (les "craignant (Dieu)" -prononcez "rharedim"-, terme désignant les ultra-orthodoxes), et les obliger à travailler. Quant au shabbat, c’est terminé, les magasins ouvrent sept jours sur sept. Allez, tous au travail ! Télé-travail, travail arrêts maladie, travail congés maternité, travail, travail, travail !
Voir ici
Dommage que l’étude ne soit pas reconnue comme un travail, ce qu’elle est pourtant sans conteste. Mais elle ne peut pas l’être, selon les critères de rentabilité capitaliste. L’école elle-même, de la maternelle à l’Université, devra se régler sur le modèle du management : évaluation, bilan de compétences, contrats, etc. Comme l’a bien vu Pierre Legendre, si le capitalisme est une religion, le management est sa liturgie (Dominium Mundi, l’Empire du management, Mille et une nuits, 2007).
Ce qu’il y a de bien, avec le veau d’or capitaliste mondialisé, c’est qu’il cherche à détruire tout ce qui fait le sel de la vie, tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. Autant dire aussi qu’il est une sorte d’acide dissolvant tous les liens, et d’abord celui du symbolique, dans le nœud borroméen de toutes les sociétés de cette planète, Jérusalem compris.
Espérons que le judaïsme, au-delà de ses formes ultra, saura montrer la voie à tous de ce que c’est que d’étudier, ce que c’est que le temps de l’otium nécessaire, et de consacrer sa vie à l’étude. Sur ce point là, il ne serait pas totalement faux d’opposer, comme le fait Jean-Claude Milner, l’étude au savoir. Dans un premier temps, quand j'ai lu cette distinction conceptuelle sous la plume de Milner, j'ai réagi comme beaucoup : j'étais stupéfait. Mais en y réfléchissant fortement, je suis forcé d'admettre, non pas que tout continue, mais que tout s'arrête et se lézarde de toutes part. Milner a au moins raison sur ce point. Pour le reste, j'ai dit ce que je pensais de ses thèses. J'ajoute ici l'élucidation de cette opposition savoir/étude, encore trop obscure et indistincte chez Milner, y compris peut-être pour lui-même : le savoir, si l’on s’en réfère à l’institution aujourd’hui, est une chose morte. Et le fait qu’elle soit morte est la condition même de son "existence", en tant que savoir. Qu’est-ce que l’étude ? C’est la pensée identifiée à l’existence, l’identité maximale, ou tendant à ce maximum. Penser c’est vivre, et vivre, c’est séjourner auprès de l’Idée. Qu’est-ce que le savoir ? C’est la pensée dont la conjonction avec l’existence tend vers des degrés très faibles. Il n’y a pas de vie intellectuelle en France, ni de salaire pour l’Idéal.
L’Antiscolastique est un lieu d’études, un site qui accueille le travail de l’étude, comme identité maximale de la vie et de la pensée. Identité jamais close, jamais atteinte (il n’y a pas de savoir absolu, atteint et réalisé), mais s'élevant comme une asymptote sur un horizon infini. L’existence même de l’Antiscolastique est la trace de la fissuration entre savoir et étude.

Restons dans la même région de pensée : Le Lévinas : Dieu et la philosophie, - séminaire de Jérusalem 1996-1997 – (Verdier, 2009), de Benny Lévy, est très intéressant, très stimulant intellectuellement, et confirme ce que je pensais depuis longtemps : Benny Lévy n’était pas du tout lévinassien, mais bien platonicien. Sauf à considérer qu’il y a un platonisme de Lévinas, ce qui est sans doute aussi le cas. Il faut voir tout de même en quels termes B. Lévy parle de Lévinas tel qu’il est lu en France : « la lévinasserie ». C’est peu flatteur pour les lévinassiens. « Être philosophe, c’est être platonicien », dit Benny Lévy (p.124). Voilà qui est sage. On sait d’ailleurs à quel point Benny Lévy a travaillé sur les textes de Platon au sortir de son engagement politique, et, apparemment, jusqu’à la fin. Le dialogue Athènes/Jérusalem, douloureux, devrait être plus pris en compte par les scolastiques, à mon sens, et « Hanouka » (fête religieuse en souvenir d'une guerre historique, au II°siècle avant J-C, entre la Syrie hellénistique et les Juifs, où la première voulait imposer aux seconds le culte des dieux grecs. La fête a lieu en décembre, soit à la période de noël ! Un mot très chargé symboliquement, donc) ne peut en être le nom, sans pour autant se prononcer pour quelque annulation de cette différence de culture. J’en profite ici pour dire que contrairement à ce qu’a pu écrire un peu vite son biographe, je n’ai jamais assimilé Benny Lévy à un pur obscurantiste religieux. Si j’emploie le terme de « sujet obscur », c’est bien au sens où en parle Badiou : un sujet faisant d’une vérité LA vérité unique et transcendante, au point d’oblitérer le présent. Je pense qu’il y a effectivement de ça chez Benny Lévy, c’est incontestable. Pour le reste, un peu de subtilité ne nous fera pas de mal, quand on sait à quel point ce qui émerge de la philosophie dans les médias est souvent figé dans des caricatures, et des grossières oppositions. Dans le même sens, déjouant ces oppositions artificielles, et idéologiques, il me faut évidemment signaler la parution des deux livres d’Ivan Segré, Qu’appelle-t-on penser Auschwitz ? , et La réaction philosémite (Lignes, 2009). Je n'ai pas encore lu le second, mais le premier me semble déjà toucher juste. Un bon signe, en tout cas, qui contribue à défaire les pièges idéologiques. Badiou termine la préface du premier de ces livres par une expression magnifique : « guérison spirituelle ». C’est l’autre côté de Hanouka. Guérison spirituelle, restons sur ce mot.
Rémy Bac
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